» L’épidemie de choléra tue à Cerca-Carvajal; les actions du CSDI

Depuis déjà plusieurs mois, il est bien connu qu’Haiti fait face à une épidémie de choléra. Peu importe son origine, pour nous, le plus important c’est d’agir afin de limiter les dégâts dans la mesure de nos possibilités. Alarmé par la parution de nombreux cas au centre de santé de Cerca et de décès dans différentes localités de la commune, le CSDI a dû mettre en branle son équipe pour voler au secours des zones les plus vulnérables fortement frappées par ce fléau…

En effet, il a fallu agir avec efficience et efficacité car le choléra ne pardonne pas. Notre première action était de nous rendre au Centre de santé pour un bilan de la situation avec l’équipe en place et de planifier ensemble les activités en urgence. Il ne manquait pas de personnel qualifié au centre, contrairement. Tous les services y étaient concentrés et ce n’était pas là que les gens mourraient non plus. Ils meurent généralement dans les zones reculées avant d’arriver au Centre de santé de Cerca-Carvajal notamment à : Paincroix, Demahague, Kalabrèze.

Il faut trois à quatre heures de temps pour transporter un malade de Paincroix au Centre de Cerca. C’est trop, beaucoup trop pour une maladie si agressive que le choléra. Le transport se fait à pied, il faut une quantité d’hommes pour le faire et ce sont les mêmes volontaires qui s’y prêtent. La route est longue, montagneuse et, par conséquent, épuisante même pour les hommes les plus forts physiquement. On peut atteindre les zones en véhicule 4×4, mais malheureusement la commune ne dispose pas de service ambulancier. Une équipe de professionnels cubains est sur place pour aller vers les localités de la commune. Elle ne dispose pas de moyen de déplacement.

Notre intervention consiste d’abord de partager certaines ressources avec le Centre de santé : ringer lactate, clorox, médicaments, entre autres. Ensuite l’équipe du CSDI s’est jointe à l’équipe cubaine pour se rendre dans les localités de la  Aniquet, la kanyitte, Derapitte, Paincroix et Maringwin.

Sans exagération les conditions de vie des habitants de cette dernière localité dépassent l’imagination. C’est incroyable et inhumain que des enfants vivent encore en 2011 dans ces conditions. Leurs pieds et leurs mains sont  rongés par la puce chique (Tunga penetrans). Il n’y a pas d’eau dans ces localités qui forment la microrégion de paincroix. Pour leur consommation et comme abreuvoir pour leurs animaux, les riverains utilisent les eaux qui restent en surface entre les roches après des pluies. Les maisons ne disposent pas de latrines. Donc, ces eaux sont hautement contaminées et, par conséquent, ne sont pas aptes à la consommation humaine. Voilà ce qui explique la haute incidence du choléra et d’autres maladies hydriques dans cette zone.

On a décidé au CSDI d’établir en urgence quatorze postes de réhydratation orale disséminés à travers la commune et dans des positions stratégiques. Une formation intensive a été réalisée pour les personnes concernées. Chaque poste contient un lot de matériels comprenant : des bouteilles d’eau, des gants, une boite de solution orale, des caches nez, chlorox, savon antibactérien, etc.

Le CSDI a également lancé une campagne de sensibilisation à travers notre station de radio communautaire (Radio Cerca-Carvajal 90.7 FM) qui couvre toute la commune. Aujourd’hui toute la population est bien informée : quoi faire face à n’importe  quel prétendu cas de choléra, le poste de réhydratation le plus rapproché. Ce service est disponible 24/24 heures et sept jours sur sept.

En définitive, on peut conclure que cette zone, particulièrement Marengouin, n’est pas habitable. Il faudra une intervention bien planifiée et musclée pour résoudre le problème de ces communautés qui vivent dans des conditions infrahumaines et qui constituent aujourd’hui un problème de santé publique mettant en jeu la santé de toute la population de la région. Le problème est de taille et les autorités locales seules ne pourront pas le résoudre. Cependant avec une bonne coordination locale des activités de différents intervenants, on doit à court terme trouver de solutions en attendant d’autres à moyen et long terme.

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