La ferme d’agroforesterie du CSDI incendiée, une perte énorme

La ferme d’agroforesterie du CSDI incendiée, une perte énorme

Le 5 avril 2011 un incendie, causée apparemment par la fabrication du charbon trop près de la ferme agricole de plusieurs carreaux de terre du CSDI, dans la localité de Latapis à moins d’un kilomètre du bourg de Cerca-Carvajal

Consternant, renversant, révoltant. Les mots pour qualifier l’incendie de la ferme du Centre de Santé et de développement intégré (CSDI) manquent à son président, le docteur Foblas Joseph, qui travaille depuis environ vingt ans pour réaliser un rêve en faveur des 50 000 habitants de la commune de Cerca-Carvajal.

« Les dégâts enregistrés dépassent Cerca-Carvajal », toute la ferme est parti en fumée, Des arbres fruitiers, dont l’arbre qui produit le Umbu, un fruit très riche en vitamine C venant de Bahia au Brésil, des variétés de goyaves originaires du Pérou, des anacardiers à leur première récolte. »

A présent, il reste des manguiers et quelques rares plantes. Mais les bénéficiaires et les responsables de la ferme n’en reviennent toujours pas. « Où allons-nous trouver les ressources humaines et matérielles pour reconstituer cette ferme? Une collaboration avec le Centre international d’Agriculture tropicale a permis d’avancer dans des domaines précis.

Actuellement, un boursier du CSDI est sur le point de terminer ses études de maîtrise en aménagement du territoire à l’Université Laval pour venir gérer le patrimoine. Tous les frais de ses études sont payés par la Fondation Kellogg qui a soutenu le CSDI financièrement

Actuellement, un boursier du CSDI est sur le point de terminer ses études de maîtrise en aménagement du territoire à l’Université Laval pour venir gérer le patrimoine. Tous les frais de ses études sont payés par la Fondation Kellogg qui a soutenu le CSDI financièrement. 

« Les dégâts enregistrés dépassent Cerca-Carvajal », a lâché le docteur Foblas Joseph, qui voulait faire de cette commune isolée du département du Centre un hameau de réussite environnementale et agricole.

Le visiteur fraîchement arrivé dans la zone sera vite frappé par la pauvreté et la dégradation avancée de l’environnement. Le responsable du CSDI raconte ses péripéties de voyage dans plusieurs pays de l’Amérique latine à la recherche de plantes de toutes sortes, dont certaines médicinales. Le cauchemar a commencé vers 14 heures le 5 avril 2011.

« Ce jour-là, vers les 17 heures, j’ai reçu un appel de mon frère, les larmes aux yeux. Je suis resté planté. Pendant un instant je suis resté sans placer le moindre mot. Et mon frère a ajouté : nous venons de perdre tout à Latapie (ndlr : du nom de la petite localité ou se trouve la ferme) », a raconté le Dr Foblas Joseph, qui croyait que l’incendie de la ferme était inconcevable. Tout est parti en fumée, m’a-t-il raconté au téléphone. « Je me suis décidé à me rendre sur les lieux un jour après pour constater que des sacrifices de deux décennies ont été anéantis en quelques minutes », explique ce médecin très versé dans l’agriculture.

« En nous opposant à la coupe effrénée d’arbres à Cerca-Carvajal, nous nous sommes faits des ennemis, dont certains très puissants », a reconnu la tête pensante du CSDI prête à raconter l’histoire à tout le monde : « Plus de deux hectares et demi de plantes médicinales, près de quatre hectares d’agrumes de diverses variétés sont partis en fumée. Des arbres fruitiers, dont l’arbre qui produit le Umbu, un fruit très riche en vitamine C venant de Bahia au Brésil, des variétés de goyaves originaires du Pérou, des anacardiers à leur première récolte. »

« Je me souviens que des tracteurs étaient entrés au pays. Nous avons initié des démarches pour en avoir un, mais on a appris que le parti au pouvoir avait l’exclusivité, la priorité. J’ai refusé de vendre notre droit d’aînesse pour un plat de lentilles », a craché le chef du CSDI en rappelant toutes les dures années de construction de cette ferme. A présent, il reste des manguiers et quelques rares plantes. Mais les bénéficiaires et les responsables de la ferme n’en reviennent toujours pas.

« Où allons-nous trouver les ressources humaines et matérielles pour reconstituer cette ferme? » s’est demandé le Dr Foblas, qui

 parle de cette ferme comme s’il s’agissait de son premier né. Interrogé sur les possibilités de reconstruire la ferme, Foblas Joseph affirme que les chances sont minces sans l’aide de l’Etat à travers des institutions comme le ministère de l’Agriculture, le ministère de la Justice, de l’Intérieur et de l’Environnement. Le numéro un du CSDI n’y va pas par quatre chemins pour assimiler l’incendie du CSDI à de la persécution contre ses projets de développement. « Les plus grands obstacles contre nos projets viennent des autorités locales », a-t-il insisté.

Une collaboration avec le Centre international d’Agriculture tropicale a permis d’avancer dans des domaines précis. Actuellement, un boursier du CSDI est sur le point de terminer ses études de maîtrise en aménagement du territoire à l’Université Laval pour venir gérer le patrimoine. Tous les frais de ses études sont payés par la Fondation Kellogg qui a soutenu le CSDI financièrement

Le Dr Foblas s’est référé à une assertion d’un ex-président dominicain comme pour dénoncer la corruption qui gangrène les institutions haïtiennes. L’homme d’Etat dominicain a déclaré que seul son carré n’était pas corrompu en République dominicaine, sans crainte d’être démenti. « Quand aurons-nous un président qui peut faire les mêmes déclarations en Haïti? », s’est demandé M. Foblas, qui paraphrasait Joaquin Ballaguer.

« Ce qui s’est passé est très triste pour la population de Cerca-Carvajal. La ferme a favorisé l’émergence et la formation de nombreux techniciens. Les seuls opposants à une ferme sont des ennemis du développement et de la population », a déclaré Frantz Bellot, mécanicien à Cerca-Carvajal, rencontré sur les lieux. Pour lui, les conséquences de cette perte sont incalculables.

Des efforts pour entrer en contact téléphonique avec le maire principal de la commune se sont révélés vains. Cependant, le responsable du Bureau agricole communale (BAC), Joseph Jean Baptiste appelé Rodrigue couramment, a affirmé qu’il va laisser la justice accomplir son travail. Il a fait savoir qu’il se garde de commenter l’incendie avant les résultats de l’enquête diligentée par les autorités judiciaires. En attendant, les marchés de Cerca sont orphelins des fruits de la ferme qui, selon les exigences du CSDI, doivent être commercialisés uniquement dans cette communauté.

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